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Haikus... Tankas...

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Création d'un FORUM
 
Naissance du forum "Chaque être est un univers", ici à cette adresse :
 
 
Créé en collaboration avec Feuilllle (dont je vous invite à visiter le Blog – voir lien dans la liste à gauche). Tout nouveau, il n'y a pas grand-chose encore, tout juste référencé... il ne demande qu'à vivre et à grandir. Chacun y sera le bienvenu.

Et puis, j'ai mis de l'ordre dans les articles, au niveau de la présentation... ça faisait un peu fouillis ! Quoique… je me demande si c'est mieux maintenant ! On verra bien à l'usage.
Alors maintenant, voyons ce que ce Blog vous offre :

 

Ce fut avec soulagement que Claire retrouva son nid sous les toits.
Il était très tard et elle n’avait pas même achevé de défaire ses valises.
Mais il sera bien assez tôt pour cela demain ! Une seule priorité dans l'immédiat : récupérer Moustache.
Quant à prendre la route... elle verra bien !
Confortablement installée dans un fauteuil, véritable maîtresse des lieux, Dame Mâtine, un magnifique persan bleu, l’ignorait et le fera encore durant de longues heures. Pour la punir de l’avoir abandonnée entre des murs trop silencieux, sous la surveillance de Rose, leur voisine de palier, charmante personne, et, comme la plupart des locataires de l’immeuble, retraitée de son état.
Chez qui Moustache avait pris ses aises. Chien maladroit, balourd, tout fou, étrange croisement entre un griffon et un caniche, si elle s’en tenait aux affirmations du vétérinaire qui l’avait soigné après qu’elle l’eût ramassé, pratiquement mort de faim et de froid, à demi noyé dans un caniveau.
Trois ans déjà que ces deux compagnons lui rendaient les retours plus agréables, plus sereins. Grâce à eux, elle vivait entourée d’amour et de caresses sincères.
- Que vais-je faire de vous deux pendant la durée de ce séjour ? demanda-t-elle à Mâtine tout en lui gratouillant le crâne. Et si... ?
Elle entendait Moustache qui se déchaînait à côté. La sentant proche, il l'appelait, gémissant et aboyant à fendre l'âme. Il était temps de s’en préoccuper, de satisfaire à son impatience, et surtout de ramener le calme et le silence à un étage d'ordinaire paisible.
Et pour cela, il suffisait de sonner à la porte de l’appartement contigu au sien.
Toute menue, retenant avec difficulté une masse de poils couleur chocolat, Rose levait vers sa jeune amie un visage au teint transparent sous un nuage de poudre impalpable, offrant à baiser des joues fripées d'une infinité de sourires.
Pareille à la peau d’une pomme d’été, pensa Claire... de celles oubliées sur les étagères de la resserre, dans la maison des Hautes-Alpes, chez François. François ? Qu’était-il devenu ? Ces années de complicité, leur enfance… toujours ensemble, pour courir, escalader, faire des bêtises… surtout chiper ces fruits étranges ! Elle adorait en respirer l’odeur.
Autant que le subtil et délicat bouquet de jasmin qui émanait de ce petit bout de femme qui l’invitait à pénétrer chez elle.
- Doucement Moustache, tout doux. Assis ! Ordonna Claire. Alors, Rose, tout s’est bien passé ?
- Mais bien sûr ! Allons, viens... installe-toi. Cet idiot de cabot m’a servi de protecteur durant toute ton absence. Tellement que je n’ai pu faire aucune conquête à cause de lui.
- Eh bien, vous allez vous rattraper maintenant. Je vous ai ramené vos chocolats préférés, tenez. Mais souvenez-vous, pas plus d’un par jour.
- Un à la fois, promis ! Pour ton chat, tes absences lui pèsent !   
- Je le vois bien ! Mademoiselle boude ! Et voilà que… Rose, je vais devoir repartir, demain ou lundi. Je n’ai pas décidé encore.
- Sois tranquille, tu peux compter sur moi, sur nous tous.
- Non, pas cette fois-ci. Je pars...
- Pour toujours ?
    Claire embrasserait sa voisine pour cette tristesse spontanée dans la voix, seulement de supposer qu’elle pouvait les quitter. Elle se hâta de lui rendre le sourire en lui parlant de possibles vacances en Bretagne, de cette région que Rose lui racontait sans même la connaître. Mais il y avait Moustache et Mâtine ! Elle les savait sages et dociles mais il en était autrement pour le propriétaire des lieux.
Elle devait lui demander la permission de les emmener ! S’il ne donnait pas son accord pour cela, il n'était pas question de les imposer à qui que ce fut alors que, elle, se distrairait ailleurs.
- Où ?
- Où ? Eh bien…
Il était temps d’ouvrir l’enveloppe, d’en apprendre un peu plus...
- Mais il s’agit d’une île, s’exclama-t-elle, ravie, tout en déchiffrant les premiers mots écrits ! L’Île d’Ouessant... C’est magnifique ! Monsieur Clériac est tellement gentil avec moi...
- Ton patron ? Fais attention. Et dans quel but ?
    Rose qui s’affolait d’une éventuelle intrigue sentimentale ? Voilà qui était nouveau. Surtout que, son employeur, étant à peu près de son âge et doté d’un bel esprit, ne pouvait que lui plaire.
- Ah ? Oui... Bon... éluda Rose. Alors, si c’est dans ces conditions ! Tu pars seule ?
    Claire ouvrit la bouche, et demeura quelques secondes comme absente.
- Je ne sais pas trop. Dit-elle, enfin. Je viens de penser à quelque chose et… et… En fait, c’est comme pour mes deux fauves, je dois en discuter auparavant avec Monsieur Clériac ! J’y vais et je vous tiendrai au courant ! Il faut que je vous laisse, Rose ! S’écria-t-elle en se levant très vite tout en embrassant son amie. Je vous adore ! À tout à l’heure !
Claire se précipita chez elle, Moustache sur ses talons, visiblement excité par son évidente exubérance. Un appel à donner, un seul ! Pour donner une pleine réalité à une idée complètement folle, et elle composa fébrilement un numéro, espérant de toutes ses forces qu’il ne fut pas trop tard pour joindre Monsieur Clériac !
Non ! Il était encore au bureau, s'inquiétant déjà seulement de l’entendre, redoutant surtout qu’elle n’ait changé d’avis alors qu'elle s'embrouillait en lui parlant de son chien, de son chat, précisant qu’ils s’appelaient Moustache et Mâtine, lui jurant qu'ils étaient d'une propreté et d'une docilité exemplaires - deux amours ! - obéissants au possible, autant que pouvaient l’être un cabochard et une pimbêche infatuée de sa personne. Et Rose aussi !
- Rose ? Un autre animal à poils ? Ou bien à plumes celui-ci ? Interrogea son lointain interlocuteur.
- Monsieur Clériac ! Si elle vous entendait ! Rose est une ravissante et adorable demoiselle, qui est née et a vécu tous ses soixante-huit ans entre les murs de son appartement. Alors j'ai pensé que… si vous n'y voyez pas d’inconvénient...
- Les emmener tous les trois avec vous ? Aucun problème !
- Bien vrai ? C’est merveilleux !
Elle éclata de rire, soulagée, et heureuse au point qu'elle l'aurait embrassé si elle l’avait pu !
Cela n'avait plus rien à voir avec un banal séjour : elle allait pouvoir offrir à Rose son premier voyage !
Si tout allait bien ? Entendit-elle son employeur questionner. À la perfection ! Répondit-elle.
Au point de la trouver différente ? Disait-il ?
À qui la faute ? L’accusa-t-elle.
N'était-ce pas grâce à lui qu’elle était en vacances.
Et puis, il y avait les clés, la maison, mais aussi toute cette attention affectueuse dont il l’entourait depuis qu’ils se connaissaient et pour cela…
- Je ne sais comment vous remercier, murmura Claire, la gorge nouée d’émotion.
- Comment ? Hum… Hum… toussota Monsieur Clériac… Là, ce sera facile ! Il vous suffit d’oublier tout ce qui concerne Paris, de vous rendre sur mon île au plus tôt, de vous y amuser, d’y rester le temps qu’il faudra pour... pour faire… eh bien… Hum… Hum… heu… pour faire sa connaissance ! Et surtout apprendre à l’aimer… Oui, à l’aimer de tout votre cœur !
- Mais… Monsieur Clériac ! Je…
- Allons, allons ! Heu… Voilà qui est réglé ! À bientôt, Claire !
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