Brûle, soleil bleu,
Au ciel jaune des steppes,
Courent les rennes.
Les terres ocre
Se craquèlent et saignent
Aux sabots tranchants
Le troupeau passe.
Aux poussières d’or levées,
Les herbes dansent
Froides et blanches,
Les eaux des lacs sommeillent.
Emprise d’hiver
L’aube, muette,
Se dessine à grands traits
De chauds voiles gris.
L’homme est assis
Mille ridules aux yeux
Griffures du temps
Il guette et sent
Au loin, venir la neige.
L’isba est chaude.
L’âtre libère,
Au vent qui les emporte,
Ses cendres brunes.