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Ce blog est une invitation à partager mon goût pour l'écriture, à feuilleter les pages de mes romans, à partager mon imaginaire. Des mots pour dire des sentiments, des pages pour rêver un peu.

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Falaises - chapitre 09



Première correction en cours…
 
Une confidence en amenant une autre, ce fut sans le souhaiter vraiment que Claire raconta ses fiançailles et la dérobade de Thomas quelques minutes avant l’heure prévue pour leur mariage. Peut-être à cause d’une oisiveté inhabituelle qui la désorientait, dans laquelle elle ne retrouvait pas les repères stables de son existence ou bien pour tenter de justifier un comportement qu’elle avouait stupide.
- Pourquoi vous reprocher un instant de faiblesse ? S’étonna Yann. Il n’est pas toujours aisé de faire le bon choix, et nous avons tous droit à l’erreur.
- Pas moi, je ne veux plus... plus depuis que... eh bien… dans le cadre de ma profession, une mauvaise appréciation aurait des conséquences dramatiques pour tellement de... de… En fait, je n’y suis pas habituée !
- Alors, mettez cela sur le compte d’un peu de surmenage. Vous travaillez beaucoup ?
- Oui ! Enfin... non... pas vraiment.
- Claire s’occupe de moi, s’interposa vivement une petite voix secourable. Mais je lui donne parfois beaucoup de soucis.
    Qui croirait qu’un tel emploi pouvait l’épuiser à ce point ?
- Rose, savez-vous que je vous envie presque ? Votre amour et les souvenirs que vous en gardez sont si beaux alors que les miens...
- Cet individu n’est qu’un horrible personnage auquel tu es encore fidèle ! Déclara Rose, irritée.
« Fidèle ! » s’écria Claire, ébahie. Comment son amie pouvait-elle avancer cela ?
Il était vrai qu’elle se montrait rétive au moindre contact, se méfiait de la plus petite approche, mais de là à l’accuser d’appartenir encore à Thomas, il y avait un monde !
- Je le fuirais comme la peste s’il se présentait devant moi !
- Lui... et... n’importe quel homme, murmura Yann.
- Vous faites erreur, s’emporta la jeune femme, je me veux libre, c’est tout !
- Si vous n’enterrez pas le passé, vous ne le serez jamais complètement, affirma Yann calmement.
Ce que Claire s’abstint de relever, esquivant toute controverse hasardeuse, bien décidée à ne pas s’aventurer dans un débat qui ne pouvait que la blesser, et se refusant de décrire davantage une expérience qu’elle ne voulait qu’effacer de sa mémoire.
Tout autant que l’image de deux petits manteaux bleu marine, d’écharpes, blanche et bleu pâle, de bonnets assortis, et de larmes sur des joues d’enfants.
- Vos neveux sont au Havre ? Interrogea-t-elle pour dévier le cours de la conversation, regrettant aussitôt de le canaliser vers une nouvelle possible polémique. Ils étaient très jeunes… trois, quatre ans, m’avait-il semblé à l’époque.
- Ils en ont huit maintenant.
- Déjà ! Le temps passe si vite ! Je les revois encore, accrochés à vous ! Pauvres gosses ! Quelle peur ils ont dû ressentir !
- Il est vrai qu’ils étaient très effrayés mais… il faut dire qu’ils étaient avec leurs parents lors de l’accident. Ils ont eu aussi beaucoup de chance ce jour-là puisqu’ils s’en sont sortis indemnes. En fait c’est surtout de les voie endurer la même terreur qui m’a mis hors de moi lors de notre presque accrochage. Mais tout ceci appartient au passé ! Depuis ils ont retrouvé le sourire et ils n’appréhendent plus de monter dans une voiture.
- J’en suis heureuse... pour eux.
- Ils s’appellent Marie et Michel, des jumeaux !
- Une fille et un garçon ? J’avais cru voir deux garçons.
- Perdu ! Vous devriez essayer de dormir un peu, un peu de détente vous ferait du bien. Je vous promets de ne pas rouler trop vite et de ménager cette mécanique.
- Attention à ne pas me l’abîmer surtout, elle sort de l’usine. Et… Heu… Yann ?
- Oui ?
- C’est... c’est fini, vous savez.
- Vraiment ? Alors... c’est bien, Claire... Et maintenant, reposez-vous... vous êtes encore très pâle et je n’aime pas vous voir comme ça... surtout si j’en suis responsable...
De quoi ? Elle se sentait à l’aise, et, pour une fois, en sécurité. Avec l’intime certitude que la nuit qui s’offrait à elle ne lui apportera aucun de ces rêves affreux dont, souvent, elle émergeait tremblante.
À cause de l’attitude d’un homme ? De Yann... assis près d’elle ? Pour Rose, il était de ceux sur qui il était possible de s’appuyer, en qui il était facile d’avoir confiance.
Comment son amie pouvait-elle affirmer cela ? Sur quels critères fondait-elle son jugement ? Comment s’assurer de la vérité d’une apparence ?
Et puis, quelle importance ? Bientôt, leurs routes se sépareront, et eux, se perdront de vue. L’essentiel étant que, grâce à lui, quelque part, elle se sentait convalescente sinon totalement guérie d’un mal qui la rongeait. Une blessure ancienne, que d’autres auraient oubliée, sans doute, mais pas elle ! Et demain. ! Demain, elle aura le cœur plus léger.
Yann... si près d’elle... trop près... et son profil... qu’elle découvrait... Caché par les paupières à demi closes, son regard glissa sur lui, en caressa le front, s’arrêta sur les lèvres.
Elle s’effraya de seulement imaginer leur contact sur les siennes. Et les mains... habiles et sûres sur le volant... elle frissonna d’à peine envisager éprouver leur force. Elle repoussa l’appréhension qui montait en elle, elle devait absolument réagir, se secouer... et elle se fit surprendre le fixant ainsi, et elle sentit le rouge envahir ses joues devant l’interrogation des yeux tournés vers elle.
Une erreur... une autre... Ne pas se permettre un instant de distraction... pour elle, il ne pouvait être que menace... et elle devait le fuir, très vite et... très loin.
Si elle voulait retrouver la paix.
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