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Ce blog est une invitation à partager mon goût pour l'écriture, à feuilleter les pages de mes romans, à partager mon imaginaire. Des mots pour dire des sentiments, des pages pour rêver un peu.

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Falaises - chapitre 15

Yann vient les voir tous les après-midi, et refuse que les enfants les envahissent autant.
Deux jours encore, et les vacances seront terminées. Claire doit se rendre à terre, reprendre contact avec Paris, renouer les fils qui la relient à hier.
Ils sont trois maintenant à rire, trois à disputer d’interminables parties de dames ou de cartes, et ils sont deux à surveiller les mains de Rose qui triche, les distrait pour déplacer ses pions en douce, change ses cartes sans vergogne et, finalement, les embrouille dans le décompte des points.
Michel a offert à Claire un magnifique voilier, résultat de ses efforts et Marie lui fabrique, inlassablement, de précieux colliers de coquillages irisés de nacre délicate. Seul Dominique peste parfois à devoir aller en récolter sans cesse davantage.
Claire s’est ouverte à tous, peu à peu, sans même s’en rendre compte. Elle les étonne par un humour inattendu, par ses fous rires devant des casseroles dont elle serait incapable de décrire le contenu, pour y mêler, au hasard, ce qui lui tombe sous la main, se déclarant très fière de ce qui en sort... quel qu’en soit le goût ou l’aspect.
- Encore deux jours de ce régime et je suis morte. Claire, pitié !
- Nul ne peut exceller en tout, Rose. Je fais de mon mieux, tant pis ! Vous irez jusqu’au bout.
A la regarder courir avec Marie et Michel, ou encore se tenir face à l’océan, bras écartés, offerte au vent du large, Rose sent renaître en elle tous les espoirs.
A la voir revenir de ses longues promenades, les joues rosies, les yeux pleins du mouvement des vagues et les cheveux emmêlés, à observer ses gestes, plus libres, plus déliés, elle est ravie d’entrevoir, enfin, le retour de la véritable Claire, bridée, muselée et dissimulée depuis trop longtemps... pour mieux la protéger.
Et Yann ? Pour ce dernier, pas totalement une évidence, pour porter en lui davantage d’exigence... Encore, là, sous une pluie fine, au pied de ce phare, où Claire le ramène à chaque fois.
Se tenant toujours à distance, ne la bousculant en rien, heureux lorsque, et uniquement de sa propre initiative, elle unit leurs mains, pour l’entraîner ailleurs, ou seulement, accorder leurs pas au même rythme.
- Dès demain, j’appellerai votre grand-père. Il doit nous croire disparues.
- Ce ne sera pas nécessaire.
- Vous pouvez le joindre de chez vous ?
- Oui, sans problème. Mais, il n’est plus à Paris.
- Oh ! Vous lui avez parlé ? Comment va-t-il ?
- Toujours le même, et... il vous embrasse.
- Là, vous exagérez. J’essaierai de le joindre plus tard.
Combien il aime l’entendre rire !
- Ce n’est que pure vérité. Il m’a dit « Et la petite ? », - c’est de vous qu’il s’agit -, et en raccrochant, il a ajouté, « Embrasse-la pour moi ».
- Mes vacances sont finies, Yann. Encore deux jours, et je saurai ce qu’il attend de moi pour Brest... Cette fois, c’est dans cette ville.
- Cette fois ? Vous ne travaillez pas en permanence à Paris ?
- Non, du moins jamais très longtemps... Je vais où il m’envoie, dans l’une de ses succursales... en France ou en Europe... Pourquoi ?
- Je m’y rends souvent. Vous reviendrez ?
- Où ?
- Ici, près de... de nous... A Ouessant.
- Je ne sais pas. Je ne crois pas. Et vous ? A la fin de mon séjour, je n’en connais pas plus sur vous qu’à mon arrivée. Que faites-vous, dans votre maison de l’île ?
- Vous l’ignorez ? Je suis impardonnable. Eh bien, debout ! Je vais vous montrer ce qui rend mon vénérable aïeul tellement furieux après moi.
Et c’est lui qui, pour la première fois, tend la main, et c’est spontanément, sans aucune réticence, que Claire y pose la sienne. Et, seulement pour le bonheur qu’elle lui donne ainsi, c’est dans un élan joyeux qu’il la tire à lui, qu’il s’élance, l’entraînant après lui...
Une course qui les emporte, tous deux, au nez d’un ciel maussade, essuyant d’un éclat de rire ses larmes importunes, s’éclaboussant comme des enfants dans les flaques qu’elles forment aux rides du sentier.
Chez Yann, Claire retrouve un Moustache étalé devant la porte, boueux, crotté, harassé par ses courses.
- Vous avez détourné mon chien, je devrais vous en vouloir pour cela. Et toi, tu n’as rien à dire pour ta défense, cœur infidèle, tu m’abandonnes sans regret.
- Je ne lui ai rien promis, parole d’honneur ! Entrez vite, nous allons nous sécher. Vos cheveux, Claire, la boue en moins, n’ont rien à envier à la toison de notre ami.
- J’adore ses poils, vous ne me fâcherez pas avec de telles allusions. Alors, vos occupations, celles qui irritent tant qui vous savez ?
- Dans le bureau, au fond, la seule porte avec une serrure. Allez-y, je vous y rejoins.
- Vous ne m’accompagnez pas ?
- Je connais déjà... et je ne veux, en rien, influer sur votre réaction... je vais préparer du chocolat, et... vous me raconterez vos impressions !
Deux portes, dont une, effectivement, possède une clé, qui s’ouvre sans difficulté devant elle. Et Claire hésite. Y pénétrer seule ? Elle a la sensation de s’aventurer dans une zone dangereuse... qu’approcher de trop près l’intimité de Yann comporte autant de risques pour elle que pour un papillon la flamme vive d’une lampe...
Deux tables opposées, et sur la première des... bandes dessinées ! Yann ? Non, pas lui ! Les crayons, les couleurs, les tubes de peinture sur l’établi ? Des bandes dessinées contre l’empire Clériac ! Facile d’imaginer la réaction de son fondateur.
Derrière elle, Yann avance, portant un plateau avec deux tasses et des biscuits, et il sourit devant la stupéfaction qu’il lit sur le visage de Claire.
- Tenez, je suis un spécialiste du chocolat. Rose en raffole, elle affirme qu’il est meilleur que le sien. C’est tout dire ! Alors ? Vous ne trouvez pas les mots qui conviennent ?
- Des ouvrages pour enfants ! Vous ?
- Oui, M’am ! Déçue ?
- Oh, non ! Pourquoi devrais-je l’être ? Bien au contraire, c’est tellement ...
- Ne vous emballez pas, vous n’avez vu qu’un côté de la médaille. Avancez plus loin, vous y découvrirez l’autre...
Quelques pas vers un endroit plus encombré... des rouleaux de papiers, entassés, de grandes feuilles transparentes, des traits d’encre, des... plans ?
- Vous dessinez également des maisons ?
- Surtout ! C’est ma véritable profession...
- C’est... une très belle activité !
- Autant qu’une autre, tout dépend de comment on l’appréhende.
- Comment ?
- Oui, voyez-vous, Claire, je pourrais me contenter de bâtir des tours inhumaines, ou bien poser un cube de béton insipide sur un coin de terre, mais... il ne me suffit pas de cloisonner un espace. Il est bien plus passionnant, pour moi, de cerner un rêve et de le figer dans des briques et des poutres, alors j’essaie de concevoir des lieux à l’image de ceux qui vont y vivre... C’est de leur vie qu’il s’agit, pas de la mienne, et le décor dans lequel ils vont évoluer doit leur ressembler.
- Vous en avez créées beaucoup ?
- Quelques-unes déjà... mais pas trop encore.
- Bien sûr... c’est difficile...
- Je suis aussi paresseux que têtu, et je n’ai pas envie de faire n’importe quoi en obéissant aux caprices idiots de quelques-uns... Alors, comme j’ai la chance de pouvoir choisir, je ne m’occupe que d’individus qui me plaisent.
- Et ça... c’est bien vous ! Je ne comprends pas pourquoi votre grand-père n’est pas satisfait de vous. Pardon... ce n’est pas ce que je voulais dire.
- Vous l’auriez admis pour les bandes dessinées ?
- Oui, c’est trop différent de ce qu’il représente.
- J’aime presque autant les deux, vous savez. J’ai commencé pour distraire les enfants. Deux, puis trois, puis d’autres personnages sont nés ainsi. Ça les occupait pendant que j’œuvrais sur l’aspect sérieux de mes activités. Un jour les planches ont plu à quelqu’un, et depuis... je me partage avec le même plaisir entre les deux tables que vous voyez là.
- Sur quel projet travaillez-vous en ce moment ? Celui-ci ?
- Oui... mais il est personnel... je m’y suis remis dernièrement... La maison que je me déciderai peut-être à construire un jour.
- La vôtre ? Yann, je suis navrée, je ne devine rien dans tous ces traits. Je ne sais pas lire un plan.
- Dans ce rouleau... vous avez l’aspect extérieur, tenez.
Tout près, si près, à la toucher presque. Yann prend un tube de carton, en sort une feuille qui se déroule devant Claire, se déploie comme un songe qui s’offre. En haut d’une falaise, à l’abri d’un bosquet, suspendue au-dessus de l’océan, une maison basse, toute ouverte sur l’horizon.
- C’est magnifique ! Yann, elle vous... oui, elle vous ressemble. Ici, sur Ouessant ?
- Elle n’est pas conçue pour ce rocher. Je vous montrerai l’endroit, sur la côte, près de la pointe du Van, un lieu abrité, presque caché... et qui vous plaira.... vous verrez.
- Votre grand-père sait ? Vous lui avez montré cela ?
- Non... Je crois que vous êtes la seule.
- Vous allez vraiment la bâtir ?
- Pas dans l’immédiat... et puis... elle n’est pas achevée...
- Pourquoi ? Elle est pour vous... vous devez sentir mieux que pour quiconque comment la dessiner !
- Elle ne doit pas seulement me plaire, Claire, pas uniquement à moi... nous serons deux à y vivre...
- Deux ? Bien sûr... c’est idiot, je n’y avais pas pensé.
- Alors vous ne préférez pas mes petits amis de l’autre table ?
- Qui ? Oh, oui, pourquoi pas ! Il va falloir me les présenter, et me laisser le temps de les connaître, et celui de les aimer.
- Aimer ? Le pourrez-vous, un jour, Claire ?
- J’aime Rose, votre grand-père, vos neveux. Je peux m’attacher aussi à vos acteurs de papier.
Mais pas à lui... Il se détourne d’elle, las soudain de courir après une chimère, de ne pas parvenir à réduire la distance qu’elle maintient entre eux.
- Venez, je vous raccompagne. Les enfants doivent fatiguer Rose.
- Je comprends ce qu’ils voulaient dire ! Ce n’est pas, en effet, un bureau ordinaire.
- Sans doute. Il se fait tard, Claire... sortons d’ici...
- Vous êtes fâché ! Je vous assure que je trouve vos dessins très bien. Sincèrement ! Je n’ai pas ri, j’ai été surprise, sans plus. Je n’imaginais pas...
- Ce que je ressens pour vous, en ce moment, pouvez-vous le faire ?
- Je vous en prie...
- Je n’y peux rien...
- Vous aviez promis...
- Oui, je sais... j’ai promis... il vaut mieux, pour tous les deux, que nous quittions cet endroit.  
Dehors, le jour s’éteint. Claire traverse la pièce, le plus loin possible de Yann qui s’écarte. Elle est déjà à la porte. Presque hors d’atteinte.
- Vous l’aimiez donc tellement ?
Il n’attend rien, aucune réaction, il sait qu’elle va éluder toute réponse. Et il est d’autant surpris de la voir s’immobiliser, se tourner enfin, regard glissant sur lui, se perdant au-delà de la fenêtre, vers l’ombre qui avance, envahit la pièce, l’isole. Bien plus de l’entendre, sans la reconnaître dans le ton détaché, presque absent, qui libère les mots.
- Thomas ? Non... Je me suis aussi trompée pour cela.
- Et cependant sa fuite vous a blessée au point de refuser la vie.
- Vous ne comprenez rien ! Elle m’a délivrée... et je ne fuis pas la vie... pas toute... Seulement la partie qui amène la douleur...
- L’amour n’est pas souffrance... pas toujours...
- Non ? Et pourtant... vous... vous souffrez.
- Il est vrai que j’ai mal, souvent...
- Et... à cause de moi ?
- Oui... quand je me surprends à douter...
- De quoi ?
- De nous... de demain...
- De nous ? Alors vous y croyez vraiment !
- Je m’y efforce... parce que si je perdais espoir... Claire, vous ne voyez rien... pour moi, il n’y aura jamais que vous... et sans vous... demain...
- Je ne sais que dire... Si vous êtes sincère...
- Je le suis... Je sais que vous ne m’aimez pas comme je le souhaite, mais nous sommes amis, et c’est beaucoup... Je ne gagnerai rien à vous mentir sinon le risque de perdre cela... et je ne le veux pas...
- Je regrette que ce soit vous...
- Moi ? Que voulez-vous dire ?
- J’ai tellement désiré que quelqu’un paie pour ce que Thomas m’a fait...
- Quelqu’un ?
- Un homme... n’importe lequel... qui souffre autant que moi...
- Qu’un autre paie à la place de... Alors...
- Ne me regardez pas comme ça ! Ce n’est pas arrivé, j’en suis incapable... et pas vous, Yann... je ne voudrai jamais que ce soit vous !
- Je vous crois...
- Je ne veux pas vous détruire, et c’est ce qui arrivera si je reste près de vous...
- Je ne le pense pas... il suffirait d’oublier le passé...
            Oublier ! Oublier quoi ? Que tout est mort en elle ? Qu’elle n’a plus rien à offrir... à personne... et elle ne veut pas... elle ne laissera plus jamais un homme poser ses mains sur elle, elle ne subira plus ses violences, celles qui se dissimulent, sournoises, derrière des sourires ou des caresses, et qui se terrent, prudentes, à l’abri d’un regard chaleureux... Mais dès que l’ombre de la nuit avance, que le désir s’éveille dans un corps d’homme, qu’il le libère de sa gangue d’amoureux doux et tendre... elles se déchaînent, et frappent, et déchirent, et blessent, et asservissent... Pourquoi serait-il différent de son père... de Thomas... De tant d’autres... Il y en a tellement ! Et les femmes qui acceptent et se taisent... comme elle l’a fait... Combien en a-t-elle entendu s’en plaindre ? Et pendant les quelques jours qu’a duré son séjour en clinique... combien en a-t-elle vu défiler ? Non... ne plus penser à cela... Ni à cette folle battue au point d’en perdre son enfant et pourtant fermement décidée à rentrer chez elle... reprendre la même existence ! Combien de coups, combien d’humiliations pour amener un être à un tel état de dépendance ? Où faut-il voir l’amour là-dedans ? Ça ? Aimer ? Non, elle n’en veut pas... elle ne veut pas de cet amour-là !
- Claire ? Ne restez pas ainsi... Parlez-moi...
- Laissez-moi !
- Cet homme ? Thomas... que vous a-t-il fait ? Que vous a-t-il pris ?
- Ce qu’il m’a fait ! Rien que vous puissiez effacer ou me rendre... rien de plus que ce que font les hommes... Lui... mon père... et d’autres... et vous, comme eux, vous n’attendez que cela... que j’obéisse...
- Obéir ? L’amour n’est pas soumission, il n’est que partage...
            Qu’il se taise... qu’elle n’entende plus ses phrases hypocrites... qu’il garde pour d’autres ses mensonges...
- Vraiment ! Des mots ! Partage... et douceur et tendresse, et j’oubliai confiance ! Le plus beau de tous ! Je connais ceux que vous utilisez pour séduire un cœur qui passe... Desquels usez-vous pour réduire un corps ? Mais j’oubliai... là, ils ne sont plus nécessaires... il y a d’autres moyens... bien plus efficaces... Vous êtes tous les mêmes... des brutes sauvages qui ne savent que prendre... sans tenir compte de... de... Je vous hais ! Vous, lui... tous !
Elle ne peut plus. Elle étouffe, les murs, l’air, le ciel trop lourd, tout l’oppresse. Et lui qui avance, avec dans le regard la même rage que celle qui s’annonce à l’extérieur, un éclat de folie barbare, une férocité implacable et froide.
- Non !
À peine un murmure... la prière d’une fillette effrayée qui se laisse glisser contre le montant de la porte, qui se recroqueville, qui se protège derrière un bras replié au-dessus de la tête. Contre la brutalité qu’elle s’apprête à subir de nouveau, les coups qu’elle attend, et la peur qui revient plus forte, plus lancinante. Et elle se convulse sous les mains qui la redressent, et elle se raidit entre les bras qui la portent.
Elle est restée longtemps, très longtemps ainsi, inerte, avant de réaliser que rien de ce qu’elle redoute se passe, sans même oser bouger, de peur de réveiller le corps contre lequel elle repose, yeux fermés, étrangère à tout ce qui n’est pas sa frayeur. Toujours aussi puissante.
Encore du temps pour suivre la caresse de doigts tranquilles sur ses cheveux, pour sentir la force sereine de bras qui la bercent comme pour éloigner le désespoir d’un enfant, et la douceur de lèvres sur son front comme pour en effacer toute la laideur d’hier, pour percevoir des mots... des mots murmurés pour elle seule, des mots inconnus et porteurs d’une infinie tendresse... des mots qui la réconfortent... des mots qui la rassurent... Encore du temps pour laisser couler les premières larmes, les premiers sanglots... Ceux qui libèrent, qui emportent avec eux l’amertume, qui nettoient l’esprit et le cœur... Longtemps... Avant qu’ils s’apaisent... avant qu’ils tarissent.
De l’autre côté du vallon, dans la maison de Lucien Clériac, Rose a dressé le couvert. Dehors, la nuit est noire maintenant, et les enfants sont silencieux. En attente eux aussi.
- Rose, tu as vu... ils sont en retard.
- Ce n’est rien, Marie. Dominique m’a informée qu’ils sont chez vous. Je crois que nous devons les laisser un peu tranquilles. Nous allons dîner, sans les attendre, et ils finiront bien par revenir. Ce soir ou demain. Que diriez-vous de dormir ici cette nuit ? Je suis certaine que votre oncle Yann n’y verra aucun inconvénient.
- Oh, oui ! Dans la chambre de Grand-père. Le lit est énorme.
- Eh bien, venez, nous allons le préparer. J’espère que tout va pour le mieux.
- Pourquoi ? Tu te fais du souci ?
- Non, Michel, du moment qu’ils sont ensemble, il ne peut rien leur arriver.
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