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Ce blog est une invitation à partager mon goût pour l'écriture, à feuilleter les pages de mes romans, à partager mon imaginaire. Des mots pour dire des sentiments, des pages pour rêver un peu.

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Poudre d'or - Chapitre 08

 

Quelle idée de renouer avec ces errances nocturnes, et solitaire de surcroît ! Julie ne reconnaissait plus rien.
    Sinon le Vieux Port, fidèle à lui-même ou peu s’en fallait. Espérait-elle vraiment ressusciter l’ambiance de ses vingt-deux ans ?
    Le Beau Rivage était ouvert, et les tables de la terrasse occupées, malgré la fraîcheur de l’air... ainsi qu’autrefois... Combien de fois s’y était-elle précipitée, en pleine nuit ? Le seul endroit où elle savait trouver des cigarettes. Il lui semblait, pourtant, que le café, à côté, ne s’appelait pas comme cela, avant. Avant ? Déjà si loin dans le passé !
Elle s’y attardait quelquefois pour regarder les voiliers danser sur la nappe d’eau à peine troublée par le vent, et écouter la musique de leurs mâts fiers et droits. Elle adorait les imaginer harpes et flûtes entre les doigts invisibles du Mistral. Comment avait-elle pu oublier cela !
Plus haut... toutes ces voies nouvelles… ou différentes ? Dans l’obscurité et sans lunettes, elle allait finir par se perdre. Ses verres, où les avait-elle fourrés ? Mais son sac était plus profond qu’un gouffre truffé d’oubliettes. Inutile de tenter d’y retrouver quoi que ce soit.
    Elle aborda la route de la Corniche. En plein jour, elle n’y prêtait aucune attention pour n’être qu’un trajet de routine. Ce soir, elle la redécouvrait. Jusqu'à hauteur de la statue de David, elle lui restait familière, mais ensuite... le bord de mer avait été aménagé, et... Qu’avait-on fait de ses souvenirs ?
    David, le vrai, celui en chair et en os, filait le parfait amour avec Justine ! Elle était certaine de ne pas se tromper : voilà quinze jours qu’ils penchaient, de concert, leurs fronts secrets sur des dossiers qui traînaient de plus en plus, et trois qu’elle ne les voyait plus.
Les traîtres ! Que penser sinon de leur commune dérobade devant son invitation à l’accompagner promener sa nonchalance sous des prétextes futiles, inconsistants !
Bien sûr… ils étaient jeunes, elle les ennuyait certainement, mais… une fois ! Une seule... au moins ce vendredi, pour l’aider à conclure une semaine douloureuse !
Le tour du rond-point, reprendre dans l’autre sens. Le vent… comme autrefois !… Non… ce n’était pas le mois d’avril… pas tout à fait la même époque mais… c’était voilà déjà treize ans, non, quatorze ! C’était à peine hier... maintenant... Là ! Devant Le Monaco !
Un coup de frein trop brutal devant elle, un permis très récent, une légère collision et... une éraflure sur un pare-chocs.
Le douze octobre, le jour ou plutôt la nuit de son anniversaire… celui de ses vingt-deux ans. La petite dernière de la famille, gâtée par tous… le repas à la maison avec ses parents, ses sœurs, leurs maris, leurs enfants et… ses amis !
Une soirée joyeuse que ces derniers avaient voulu prolonger ailleurs.
Justement à la terrasse de ce café, où - c’était amusant de s’en souvenir si bien - les joueurs de l’Olympique de Marseille, installés aux tables derrière eux, lui avaient volé la vedette.
Qui l’accompagnait ce soir-là ? Jean-Louis et Annie, Michel et Liliane, et Paul… le parfait amoureux transi ! Cher Paul, gentil au possible... Trop sans doute.
Qui encore ? Incroyable comment certains détails s’estompaient alors que d’autres… par exemple… cet homme, assez âgé… qui les avait rappelés à l’ordre pour leurs rires peu discrets et leur joie trop exubérante.
    « Le rire est le propre de l’homme » avaient été ses premiers mots… ensuite quelque chose à propos du feu… elle se souvenait avec précision de son refus d’utiliser un briquet, lui préférant des allumettes, pour, avait-il dit, « ne pas dénaturer le goût du tabac ».
Le reste avait disparu dans les méandres de sa mémoire. Pourquoi ces phrases, sans véritable intérêt, et pas d’autres plus instructives ? Il les avait amusés, un temps, puis les avait laissés, emportant plus loin son allure étrange, ses grands gestes, sa chevelure grise et ses élucubrations de poète noctambule. Qu’était-il devenu ? Vivait-il encore seulement ?
Ensuite, leurs courses sur le sable humide et leurs regrets, en dépit de la saison déjà fraîche, de ne pas avoir pensé aux maillots de bains. Surtout de se trouver dans un lieu trop exposé aux regards des passants, pour se permettre un bain de minuit dans toute sa splendeur et offrir leur nudité aux vagues luisantes.
Sa première robe longue ! Une vraie, qu’elle avait dessinée et que sa mère avait réalisée… comme la plupart de ses vêtements.
Puis il avait été l’heure de rentrer, son obstination à le faire seule, sans plus savoir depuis la raison de ce subit besoin de solitude alors que… Comment avait-elle pu oublier une chose aussi importante ? Pourquoi ne pas avoir raccompagné Paul ? Qui s’en était chargé ? Son destin aurait, sans doute, été différent de lui avoir confié le volant jusqu'à sa porte.
Plus maladroite qu’eux au démarrage, un feu rouge qui l’avait retenue, et une accélération pour les rattraper. Trop vive pour éviter de heurter, sans réel dommage, un véhicule devant elle.
Gabriel ne s’était pas totalement extrait de son siège pour constater les dégâts, qu’elle savait déjà, sans erreur possible, qu’il était furieux ! Et puis... il l’avait regardée… il avait pris sa main… et il ne l’avait plus lâchée.
L’entraînant dans un tourbillon auquel elle s’était abandonnée, pour se réveiller, dix mois après, ivre de bonheur, le corps brisé mais le cœur en fête, sous l’identité de Julie Castel. Madame Gabriel Castel !
Un anneau d’or à la main gauche.
Le premier maillon de la chaîne qu’elle ignorait alors tant détester un jour.
Aujourd’hui, il ne restait plus rien de tout cela ! Comble de l’ironie, Le Monaco était fermé, triste sans ses lumières accrocheuses, construction sans âme, dépouillée de toute finalité, masse de briques et de ciment ayant perdu toute raison d’être après que la vie l’eût désertée. Sur les grilles ternies de rouille, une affiche lacérée de grosses lettres à la couleur rouge des blessures mortelles « À vendre ».
Elle se souvenait de ses vagabondages d’adolescente rêveuse et insatisfaite ; elle en retrouva l’allure nonchalante pour emprunter le long serpent de béton gris qui épousait le rivage, avec la même absence dans un regard égaré au-dessus des eaux sombres.
Et s’immobilisa, un instant, pour suivre dans le ciel des arabesques d’oiseaux de papier. Souffrant mille regrets devant leurs élans sans cesse brisés, au point de souhaiter être une lame invisible et glisser sur la crête des vagues jusqu’à s’accrocher au souffle qui les portait, fondre vers eux et enfin trancher les liens les reliant au sol.
À en sentir se ranimer l’oubliée envie de descendre au ras des flots. De les laisser l’envelopper d’écume. De chanceler au sable qu’ils feraient, espiègles, se dérober sous elle. Se laissant bousculer par leur force tranquille ou éclabousser de leur rage, alliés dociles et impuissants du vent qui les malmenait contre les pierres dures et noires des digues.
Par où se hasardait-on pour gagner les masses affleurantes ? Autrefois elle en connaissait l’accès. Qu’en avait-on fait !
Elle s’était lancée dans l’aventure du mariage sans se demander ce qu’elle en espérait.
Amoureuse ? Sans aucun doute possible. Combien de fois était-elle venue… à peu près à cet endroit‑là… s’asseoir sur l’un de ces rochers, et y rester… des heures interminables, s’offrant au grondement de la houle, hypnotisée par le mouvement pendulaire de l’onde, l’esprit ainsi dégagé de la moindre pensée futile, pour mieux s’interroger sur ses sentiments pour Gabriel et cerner au plus juste ceux qu’il disait éprouver pour elle.
Pas les bonnes questions. Julie avait omis l’essentiel : rien de moins que prendre en compte sa nature profonde, oubliant combien elle était - et demeurait - rétive à toute contrainte. Trois mots pour la décrire : Athée, apolitique, rebelle !  
Hors religion, bien que baptisée et élevée dans un esprit chrétien, assistant à la messe de onze heures, chaque dimanche, jusqu'à atteindre l’âge qui lui avait permis d’opposer un refus catégorique à l’exigence de ses parents.
Attentionnée, agissant toujours dans le souci de ne blesser et ne léser personne, respectant les idées de tous, sans chercher à en convaincre un seul d’adopter sa propre façon d’appréhender l’existence, rejetant, d’instinct, toute idéologie qui pourrait asservir l’individu, le fermer à la tolérance et à l’acceptation des différences.
Hors politique, après avoir décortiqué jusqu’à la moindre information, étudié chaque parti, s’être informée au mieux sur leurs dirigeants, leurs idées, leurs projets ; jusqu'à les considérer comme des utopistes distraits, ignorants de l’âme profonde du peuple qu’ils prétendaient gouverner, de la réalité de ses problèmes et de son mal-vivre, confondant allègrement servir et asservir et oublieux de leur tâche première et, à son avis, la principale : Être les garants de la justice, des droits et de la dignité dus à chacun.
Se voulant sourde et imperméable à tous, bien que consciente de la nécessité d’établir des règlements, un code de vie et des lois, et les respectant scrupuleusement… mais dans la limite où ils n’affectaient en rien son libre arbitre en tout ce qui touchait son identité profonde.
Insensible aux critères d’une mode fixée par d’autres, dessinant et créant son propre style de vêtements, adoptant une étoffe pour le plaisir de l’œil ou du toucher, et une coupe pour le confort et l’allure qu’elle lui prêtait.
Pour se vouloir différente ? Non ! Simplement paraître ce que bon lui semblait, passant du très long au très court au gré de son humeur, sans tenir compte des articles des revues spécialisées indiquant les tendances à suivre dans le domaine vestimentaire.
Pour vivre ainsi qu’elle l’entendait, sans concession inutile, pour se savoir seulement de passage, n’être que la énième étape d’une lignée humaine, sa seule fonction véritable. Elle se voulait, Julie, enfant de la terre, graine que le hasard aurait déposée, là, pour y grandir semblable à tant d’autres, jumelle de la fleur qui égayait un jardin, cousine du pin qui offrait son ombre bienfaisante, amie de chaque animal qui se promenait dans le même espace-temps qui lui était imparti. Et elle se voulait libre.
Pourquoi sa vision, très simple, de la réalité, compliquait-elle autant ses rapports avec autrui ?
Elle en convenait, avec Gabriel, ces notions étaient devenues abstraites, secondaires. Ou alors tellement évidentes pour elle, qu’elle avait cru, à tort, qu’elles l’étaient autant pour lui.
De quoi avaient-ils parlé durant les dix mois qui avaient précédé leur union ?
Pas un mot sur leur approche personnelle du mariage, rien sur leur conception intime.
Après réflexion, elle devait accepter une grande responsabilité dans leur échec.
Quand lui avait-elle dit que le côté officiel, l’aspect légal de cet acte lui paraissaient totalement absurdes, incongrus, et que, à ses yeux, cela ne signifiait rien de concret dans une vie de couple. Que, justement, pour elle, un couple c’était tout, sauf deux signatures apposées sur la page numérotée et datée d’un registre. Elle en avait toujours refusé l’éventualité, pourquoi avoir renié ses principes ? La première d’une longue série d’erreurs.
Comment avait-elle pu déserter un emploi qui lui avait coûté nombre batailles ? S’était-elle, une seule fois, révoltée avec vigueur contre l’exigence de son mari de lui voir abandonner la conduite de son propre véhicule ? Elle avait cédé, trop facilement, devant le désir de Gabriel de ne la savoir occupée que par lui, devant son inquiétude à l’imaginer exposée aux dangers de la circulation, acceptant de ne se déplacer qu’avec lui pour chauffeur. 
Au début, elle lui concédait qu’il s’était montré entièrement disponible, puis... de plus en plus occupé, la mettant sur liste d’attente. Une séance chez le coiffeur ? « Pas avant la semaine prochaine, chérie... après la réunion du conseil d’administration ». Une visite chez sa sœur, à deux cents kilomètres de Marseille ? Inimaginable sans sa protection. « Pas le moment de m’éloigner de l’usine, avec une crise interne sur les bras. »
Que dire d’une descente dans les boutiques du centre-ville ! « Tu sais, mon cœur, je te connais si bien, je t’imagine dans cet ensemble, un rêve ! ».
Adieu, à la petite robe bain de soleil, jaune acide, à la prochaine, peut-être, joli body bleu nuit, et tant pis, pour ces sandales qui lui faisaient le pied dansant. À oublier également son Air du temps, son N° 5, son Joy, et bonjour à Shalimar, à Opium... fini de fureter à la recherche d’une teinte nouvelle pour ses paupières, d’un nouveau déguisement pour jouer avec l’humeur de chaque jour ! Avec obligation de se rendre dans tel institut de beauté, et pas un autre, où une esthéticienne, toujours la même pour mieux obéir aux instructions, avait ordre de lui faire un visage lisse et unique.
La porte ouverte à la monotonie, sans le droit de se surprendre elle-même !
Au point que le moindre déplacement lui était devenu une corvée. Un problème ? Pourquoi donc ! « Qu’à cela ne tienne, les soins se feront à domicile. Un simple appel, et tu les verras accourir. Ce sera bien plus reposant pour toi, chérie ! » Évidemment !
Une pente insidieuse sur laquelle elle s’était laissée guider, glisser. Un isolement luxueux, douillet dans lequel elle s’était installée, ne sortant que la nuit, pour assister à un repas d’affaires ou entre amis, ceux de Gabriel, bien entendu, pour une soirée, un spectacle, un film, chez Lucciano ! Rarement dans la journée, et toujours au bras de « Monsieur son mari » ! S’y risquer seule ? Non, par crainte de l’appel qui l’aurait dénoncée absente, rebelle, fautive, désobéissante.
Des mois ? Bien plus... Des années !
Puis, un jour, sans se souvenir de la raison précise qui l’y avait conduite, elle s’était retrouvée dehors, au pied de l’immeuble, sur l’avenue du Prado avec l’impression bizarre d’aborder une ville inconnue, alors que seulement oubliée. Adieu, la paix !
Elle n’était rentrée qu’à la nuit tombée, grise de mouvements, furieuse après elle et décidée à reprendre sa vie en main. Bonjour, la guerre !
Elle l’avait gagnée !
Qu’avaient-ils à faire hurler leur Klaxon ?
Il était nuit noire ! Et elle ? Que faisait-elle, assise sur un siège de béton inconfortable, à se glacer le bas du dos !
Les cerfs-volants avaient disparu, rangés dans leurs boîtes, en attente de leurs prochains simulacres d’évasion.
Elle s’était identifiée à eux, ce qui l’avait poussée à s’installer à cet endroit précis, confondant leurs envols bridés à sa vie auprès de son mari. Liberté illusoire, ailes rognées, coupées, retenus par un fil invisible, arrachés à l’espace auquel ils appartenaient, comme elle, isolée de ce qu’était son existence avant sa rencontre avec Gab.
Elle voudrait ne plus penser à ces années stériles. Moins encore à ce que ce terme évoquait, pour ne pas laisser remonter trop d’amertume en elle.
Deux silhouettes sur sa droite… Qui approchaient... Course lente, souffle régulier. Encore à cette heure ? Combien étaient passées devant elle, sans qu’elle les remarquât ni daignât les suivre d’un regard. Une véritable épidémie qui s’étendait autour d’elle… Partout, à chaque instant, ces êtres qui couraient, dans leurs shorts, leurs baskets, leur serre-tête ! Ils l’épuisaient seulement de les accompagner un moment des yeux ! Pas pour elle !
À son actif, quelques longueurs de piscine, un sauna… bien assez pour avoir la conscience tranquille quant aux attentions qu’elle devait à son corps. À propos de ce dernier, il serait temps de lui permettre de prendre un repos bien mérité.
Elle ne croyait pas s’être éloignée autant de son automobile. Elle traversa les voies, rejoignit le trottoir opposé. Avec prudence, sans hâte, indifférente aux appels de phares que certains lui adressaient.
Pour qui la prenaient-ils ? Pour une obscure travailleuse de la nuit ou une âme en quête d’aventure ?
Lui fallait-il vraiment regagner son appartement ?
Elle ne s’y était jamais sentie totalement chez elle. Encore un cadeau de son ex mari ! Preuve matérielle de sa générosité ou la certitude pour lui de savoir où la trouver si nécessaire ? Se décidera-t-elle, un jour, à l’abandonner ? Froid, impersonnel, trop vaste pour abriter sa solitude, pourrait-elle oublier ailleurs ses nuits à errer de pièce en pièce ?
Elle ralentit un peu à l’écho de pas derrière elle. Était-elle imprudente en se promenant ainsi ? Combien de mètres avant de retrouver la relative sécurité de son véhicule ? Et puis, après tout, qui pouvait lui interdire de flâner en compagnie de son ennui ?
Elle jeta un coup d’œil, rapide, par-dessus son épaule. Un autre sportif amateur de sprint, trop éloigné pour représenter un danger. Devait-elle le supposer la suivre ? Pas nécessairement, et il était facile de s’en assurer. Rien de plus compliqué que de retourner en bord de plage, de se rapprocher des voix qui arrivaient jusqu'à elle, d’avancer vers d’autres fous, en équilibre précaire sur leurs planches fragiles, sans pour autant signaler sa présence, s’isoler dans l’ombre et se perdre entre deux murs.
Elle déboucha au début d’une jetée, projection de terre et de pierres qui, tel le nez d’un espadon, déchirait les eaux ! Elle ne l’avait jamais vue. Et le chenal qu’elle délimitait ? Depuis quand ? Elle se promit de revenir en plein jour, de réapprendre sa ville.
Elle n’eut aucune hésitation à franchir la dérisoire barrière que formait une corde tendue entre deux piquets. Elle marchait sur une piste de sable, étroite, elle n’en finissait pas de suivre un chemin sur la mer.
Pour se découvrir vulnérable de ne plus s’y trouver seule, se devinant aisément accessible à une silhouette floue à vingt pas, qui, de toute évidence, ne se contentait pas d’user des semelles pour entretenir une forme physique.
N’éprouvant aucune peur véritable, elle amorça un demi-tour, de la même démarche tranquille, pour un retour à la lumière. Faisant ainsi face à l’homme qui sembla hésiter, sautilla un instant sur place, avant de tourner les talons, sans pour autant manifester une réelle intention de s’éloigner d’elle tout à fait.
Un risque potentiel ? Ou un individu trop timide pour l’aborder hardiment !
Mais il lui était facile de le surveiller, de guetter, pour mieux le prévenir, le moindre geste menaçant. Jusqu'à la zone éclairée, rassurante et surtout... assez proche pour révéler l’essentiel à son regard de myope.
Pourquoi toujours ne voir que l’aspect dangereux d’une situation ? Pourquoi ne jamais imaginer se trouver sous la discrète protection d’un esprit charitable, uniquement inquiet d’une solitude ? Un « Preux Chevalier Blanc » des temps modernes, soucieux d’une sécurité.
Comment lutter contre la subite hilarité qui monta en elle !
Julien Gauthier !
Elle n’opposa aucune résistance au rire qui la secouait, au point d’en laisser fuser quelques éclats dans la nuit claire.
Un merveilleux chevalier, en polo, short et... baskets !
Un Julien, qui ralentit l’allure, piétina un instant avant de s’arrêter tout à fait, à hauteur des pieux fichés dans le sol. Pour s’appuyer sur l’un d’eux tout en croisant les bras, montrant ainsi son intention d’attendre qu’elle le rejoignît.

 

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