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Ce blog est une invitation à partager mon goût pour l'écriture, à feuilleter les pages de mes romans, à partager mon imaginaire. Des mots pour dire des sentiments, des pages pour rêver un peu.

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Poudre d'or - Chapitre 13

 

Pourquoi étaient-ils venus jusque-là ? Encore un caprice de la sorcière qui sommeillait contre son épaule. Il devrait la réveiller, la ramener.
Julie avait souhaité voir les flots scintiller sous la lune ! Ils y étaient et elle dormait !
    Julien mit le moteur en marche, enclencha la marche arrière, manœuvra en direction de la route.
- Mmmmm.... Nous rentrons ? Ffffff ! Je suis si bien, com’ça !
- Oui… Et vous avez bien bu, beaucoup ri, et distribué une infinité de regards ravageurs !
- Pas vrai... à peine un peu...
- Un peu ! La prochaine fois, je vous abandonne au bras d’un autre !
- Aucun risque, je sais... que vous ne le ferez pas. Julien ?
- Oui... Quoi encore ?
- Je... vous adore.
- Parce que vous dormez à moitié... J’en jugerai plus tard, lorsque vous aurez recouvré vos esprits. Je suis certain que, dès lundi, vous me ferez payer vos égarements de cette nuit.
- Merci... de me le... rappeler, et réveillez-moi... à la... maison. Et j’aime... aussi votre... votre façon de...
    « Qu’aimes-tu, ma douce ? Tu dors déjà ? Tant mieux ! »
    S’il pouvait enfin avoir les idées claires ! Et cette douleur qui lui taraudait le dos... Elle ne finira donc jamais ?
Encore quinze jours avant de recevoir les résultats des dernières analyses. Et se libérer de la tension qu’une attente qui s’éternisait lui infligeait ? Pour qu’il puisse respirer enfin ? Ou alors...
Quelle importance... dans un sens ou dans l’autre, il devra faire le point sur sa vie... prendre des décisions.
    Dans le meilleur des cas, un avenir à reconstruire différemment... Au pire… combien de temps ? Quelques mois ? Un an peut-être… deux, au mieux ! Et dans quelles conditions ?
    Un destin en sursis.
    Il s’était pratiquement résigné à entendre la pire des sentences. Pourquoi tout remettre en question, ce soir ?
À cause des boucles odorantes qui chatouillaient son menton ?
Petite peste ! Elle l’avait rendu fou dans l’arrière-salle du piano-bar, passant de bras en bras, échevelée et rieuse telle une enfant découvrant le monde. Comment lui résister ? Malgré les élancements de plus en plus forts, malgré la suée sur le front, symptôme de fièvre... Il l’avait accompagnée, une fois, une autre. Au bord de l’écroulement.
Jusqu'à ce qu’il ait lu dans son regard une profonde inquiétude, qu’elle demeurât, sage, eau dormante, assise à leur table, refusant toutes les invitations, se déclarant soudain pressée de partir, de s’évader vers ailleurs, loin du bruit, de la fumée, des rires.
Trop tôt pour rentrer, même pour lui, ils avaient roulé au hasard... Jusqu'à ce qu’elle lui demandât de s’arrêter en bord de mer, dans un endroit calme, oublié des turbulences de la ville. Sur l’aire d’une plage déserte et Julie l’avait abandonné dans la voiture, avec, en elle, une évidente nécessité de solitude totale.
Il avait suivi, de son siège, la promenade solitaire d’une silhouette plus fine, plus fragile, d’en être ciselée sur l’horizon. Puis elle s’était assise à la lisière de l’onde et il s’était décidé à la rejoindre, à la ramener à l’abri, appuyée contre lui. Il étaient restés ainsi, à écouter le murmure de vagues désaltérant le sable assoiffé.
Demain, il lui faudra récupérer des forces, et accorder à son corps tout le repos nécessaire avant d’entamer une autre semaine de labeur.
Cette colère qu’il sentait monter en lui ? Uniquement dirigée contre le sort qui le réduisait parfois à une extrême faiblesse.
Ô Julie… Kaléidoscope pour le plaisir des yeux, et épuisement assuré pour un individu dans son état. Mais aussi... un bonheur infini à la tenir, ainsi, seulement enlacée...
Il la savait compliquée, autoritaire, fantasque, mais également rafraîchissante, spontanée. Et d’une douceur émouvante parfois ! Ainsi, là, lovée près de lui, entourée de son bras et s’y appuyant, confiante... assoupie.
Pourquoi ne pas accepter ce dernier cadeau que la vie lui offrait ?
En avait-il le droit ?
Il se dégagea d’elle, la repoussa, juste assez pour s’éloigner de sa bouche, de son parfum... Et il appuya sur l’accélérateur, soudain pressé de rentrer au plus vite.
- Où sommes-nous ?
- Aux portes de la ville.
- Julien…
- Oui ?
- Vous ne voulez pas en parler ?
- De quoi ? De Marseille ? J’avais oublié combien elle est belle. Depuis mon retour, je la redécouvre.
- Comment est-ce arrivé ?
- Est-ce important ?
- Non… oui… Je m’en veux… chez moi, je n’aurais pas dû vous demander tous ces efforts, et ce soir, me rendre compte plus tôt que… que ça n’allait pas... En ce moment, vous devriez dormir. Laissez-moi conduire !
- Ah non alors ! La route est trop étroite pour y naviguer à l’aveuglette et je ne suis pas fatigué au point de m’y risquer!
- J’ai des lunettes dans mon sac ! Je ne suis pas totalement stupide ni inconsciente.
- Fâchée ?
- Pas du tout. Agacée... sans plus. Alors ?
- Une plate-forme pétrolière, au large, dans la mer du Nord, j’attendais l’hélicoptère qui devait me ramener à terre mais une tempête en a décidé autrement. J’étais sur le pont supérieur, sur le point de regagner mes quartiers, la sécurité et puis... un câble qui a cédé et qui m’a emporté. Je me suis retrouvé deux étages plus bas, pendu par le dos à une ferraille oubliée. Cela aurait pu être pire. Dans l’eau, je ne m’en serais peut-être pas sorti.
- Mon Dieu ! Vous auriez pu...
- Chutttt ! Je suis là, c’est ce qui compte.
- Quand est-ce arrivé ?
- Il y a six mois. La cicatrisation s’est révélée plutôt délicate. Et quelques dégâts... dont je me serais bien passé. Disons, que pour certains, je suis un miraculé... Pour d’autres... Voilà, rien de bien extraordinaire. Souriez, la vie est là, et avec vous c’est un plaisir des Dieux !
- Ne plaisantez pas ! Il fallait me prévenir.
- Aucun ménagement. Qu’aurait-on dit, dans votre bagne, d’un traitement de faveur ! C’est... du passé, il faut attendre que la... guérison se fasse, à son rythme. C’est pourquoi je suis là, obligé de renoncer à un travail qui me passionne, et enfermé dans un réduit... pardon. Je ne vous en veux pas, rien contre vous, rien de plus que le regret de mes activités.
- Je me suis occupée de cela, ce matin ! Dès lundi, une équipe sera à pied d’œuvre pour mieux vous installer. Ce devait être une surprise. J’ai été infecte avec vous !
- À peine, et je me suis distrait aussi à vous observer ! On ne s’ennuie pas un instant en votre compagnie, ce qui mérite bien quelques concessions ! Voilà, fillette, nous y sommes. Je vous rends à... Attendez, je vous accompagne.
- Non, pas question.
- Attention ! La menaça-t-il, vous oubliez ce qu’il en coûte de me contrarier !
- Pas trop épuisé pour me rafraîchir la mémoire ? Répliqua-t-elle spontanément.
    Elle fut la première surprise d’avoir prononcé ces mots et se figea sous le regard soudain attentif de Julien.
- Pas à ce point ! Mais, Julie… je pense que ce n’est pas le meilleur...
- Vous avez raison ! Le coupa-t-elle, très vite, tout en s’éloignant rapidement de lui. Bonne nuit, Julien ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, demain, appelez-moi.
- Julie ! Ne m’obligez pas à vous rattraper. Ce soir... Je n’ai pas une forme olympique !
    Elle sentait le rouge lui brûler les joues et elle n’osait plus le regarder. Alors l’ascenseur… et ensuite, le couloir... en sa compagnie ? C’était bien au-dessus de ce qu’elle pouvait endurer. Elle courait presque, pour mettre un maximum de distance entre elle et Julien qui ne montrait aucune intention de la laisser franchir seule les quelques mètres qui la séparaient de l’entrée de l’immeuble. Un obstiné qui la suivait à trois pas, puis quatre, et qui, soudain, sembla peiner à progresser plus avant...
- Julie, attendez... haleta soudain Julien, je crois que j’ai surestimé ma résistance.
- Ça ne va pas ?
    Déjà près de lui, prête à le soutenir, et... si elle avait assez de force, elle le porterait !
- Que puis-je faire ? Je vais vous reconduire !
- Non ! Votre bras autour de moi, et le mien sur vos épaules, devrait suffire. Et m’autoriser à récupérer un peu de souffle, chez vous... pas longtemps, cinq minutes.
- Tout le temps que nécessaire ! Tout le temps que vous voudrez.
    Et Julien sourit... il était si pratique parfois d’affoler un cœur trop tendre. Surtout bien plus reposant que de courir, et il s’amusa de la voir empressée, à chaque pas, à bien le soutenir, attentive à guetter le moindre signe de douleur, le gardant contre elle, jusqu'à son étage, et ne l’en écartant, à peine, que le geste d’ouvrir une porte.
    Ne se résignant que sur sa demande à l’abandonner au relatif confort d’un fauteuil, pour l’obliger, deux minutes plus tard, à s’allonger sur le canapé.
- Vous voyez bien que c’est mieux !
    Un coussin, pour la nuque. Un autre...
- Julie, cessez de vous agiter, venez ici. Nous avons un compte en suspens.
- J’ignore de quoi vous parlez ! Détendez-vous, moi, je vais déposer les armes !
    Elle quitta la pièce, le temps de redevenir elle-même, d’ôter son enveloppe de sirène, d’en effacer l’image sur sa peau, de calmer sous des jets à peine tièdes, la fièvre qui enflait en elle. Elle s’attarda quelques minutes encore, pour revêtir les atours sages des nuits solitaires. Elle revint près de lui, espérant le trouver endormi, se promettant de veiller à ce que rien ne lui manquât et elle choisit, pour lui, la couverture la plus douce, la plus légère possible.
    Heureuse de voir les paupières baissées, et aussitôt inquiète du front un peu moite, elle se pencha au-dessus du corps assoupi, redoutant l’éveiller pendant qu’elle le recouvrait soigneusement du fin tissage de laine mousseuse... Trop proche pour éviter les bras qui la saisirent, qui l’attirent au plus près.
- Julien ! Tenez-vous tranquille.
- On ne joue plus ?
- Vous êtes un affreux tricheur... J’abandonne pour ce soir.
- Non, ma douce, la partie n’est pas terminée. Où en étions-nous ?
- Nous ? À… euh… « pas le meilleur... »
- Merci pour cette précision. Je disais donc, pas le meilleur endroit pour une si agréable invitation.
- Et ici ?
- Presque le lieu idéal...
- Nous pourrions trouver mieux ?
- Sans doute, mais pas ce soir.
- Vous souhaitez vraiment partir ?
- Dans un moment.
- Et rentrer chez vous, enfin… chez votre sœur ! Quand je pense qu’elle et moi, nous étions presque voisines ! Mais vous, Julien ? Vous avez bien un endroit à vous.
- Je fuis les villes, Julie. Chez moi c’est un coin perdu dans l’arrière-pays, après Aups, où je ne vais, hélas, que trop rarement. Une vieille bâtisse que j’ai retapée, l’ameublement s’y résume au strict nécessaire, ce qui donne un style assez dépouillé pour l’heure, mais quand j’aurai le temps de... le temps... En fait, c’est de temps dont j’ai besoin.
    Elle avait du mal à le comprendre parfois. Ainsi, en ce moment... En apparence décontracté, presque gai et subitement bien plus qu’agacé, sans qu’elle put deviner ce qui le dérangeait. Mais elle oubliait sa condition physique ! Bien suffisante pour expliquer les traits soudain tirés et le regard moins souriant.
- Aux prochaines vacances ! Suggéra-t-elle, encourageante. Vous pouvez en prendre, les beaux jours sont là, et vous pourriez y passer vos fins de semaine
- Oui… J’y penserai.
- Je vais vous préparer une chambre. J’en serais heureuse ! Ne me refusez pas cela !
- Je ne peux pas. Refusa fermement Julien.
    Combien rejeter son invitation lui était pénible ! La douleur s’éveillait. Le sang martelait ses tempes. « Avoir le temps... Du temps devant lui. » Où trouver la force de renoncer à sa bouche ? Et comment oublier cette envie brutale d’y mordre, dès le premier jour, dès l’instant où elle s’était tournée vers lui, assise à son bureau.
Une envie presque satisfaite le soir même. Presque…
- Pour en revenir à votre mémoire défaillante... Insistait Julie, à quel moment devons-nous reprendre ?
Reprendre ? Quoi donc ? Il la dévisagea quelques secondes, se remémorant leurs derniers échanges, et il ne put retenir un sourire taquin en se souvenant de son trouble.
- Eh bien… Au tout début ! Je suis un cas désespéré, vous savez... c’est une amnésie totale...
    Il l’attira contre lui, heureux de sa docilité. Se refusant d’obéir à une raison trop exigeante qui le voudrait résigné devant les demain à venir. Il ferma les yeux lorsqu’elle posa ses mains sur lui, pour ne plus ressentir qu’elle, douce et hésitante. Ne pas la bousculer, ne pas la presser, seulement savourer chaque seconde, la moindre caresse, son exigence naissante et… Non ! Pas déjà ! Pas ainsi… Il se devait de brider son impatience, de retenir ses doigts.
Il ne voulait pas la blesser. Ni l’inviter à chercher auprès de lui les mêmes joies que lui savait, déjà, ne pouvoir obtenir que par elle. Bien moins encore construire un bonheur qu’elle pourrait croire invincible et qu’il redoutait, lui, ne devoir être qu’éphémère.
    Il ne devait pas lui mentir, ne pas tricher. Ne rien taire.
    Alors qu’il ne désirait que s’abandonner à la chaleur qu’elle lui communiquait, et dormir enfin en paix, quelques heures. Qu’il ne demandait pas davantage que s’accorder une pause. Trouver la force d’anéantir un cauchemar, s’éveiller enfin… se permettre l’espoir... et revenir à la vie... Pour Julie.
    La vie… Le peu qu’il lui en restait… Si peu !
    Non... Il ne devait pas s’égarer dans une attitude qui n’aurait pour d’autre conséquence que compliquer davantage leurs situations respectives.
    Ni se leurrer à cause d’une attirance réciproque.
    Il était temps de se ressaisir, de séparer leurs routes, de la laisser libre pour un autre bonheur. Il soupira et se redressa.
- Il est l’heure, fillette. Je dois rentrer.
- Julien… Cessez ce jeu, il ne m’amuse plus... Embrassez-moi, encore !
- Je suis sérieux, ma douce.
- C’est... absurde ! Vous n’allez pas me laisser... pas... maintenant ?
- Il est très tard. Je suis navré. S’excusa-t-il, en la repoussant doucement.
    Comment pouvait-il, ainsi, s’en détacher, alors qu’il ne désirait rien davantage que le contraire ?
Aussitôt debout, il s’éloigna de deux pas, s’efforçant d’ignorer le regard hébété qu’elle fixait sur lui. Il lui tourna le dos, pour ne pas voir le lent affaissement de ses épaules, et sa nuque ployer sous la pâleur qui gagnait ses joues.  
    Il se dirigea vers la porte. Combien de pas avant de l’atteindre alors que sa voix s’élevait derrière lui ?  
- Navré ? Oui, vous pouvez l’être ! Vous ne valez pas mieux que Gabriel ! Et encore ! Dans ce genre de situation... avec lui, je savais où je mettais les pieds.
    Des mots jetés avec une telle amertume qu’il ne put s’empêcher de s’immobiliser, soudain soucieux de la calmer et de la rassurer.
- Julie ! Vous vous méprenez. Nous en parlerons demain, voulez-vous ?
- Pensez-vous vraiment que je vais m’exposer à une nouvelle humiliation ?
- Vous n’êtes pas en cause !
- Non ? Alors expliquez-vous ! Je peux tout entendre. Tout comprendre. Me croyez-vous indifférente à un moment de... faiblesse ? Que je ne puisse l’accepter ? Que je sois de celles qui ironisent ?
- Il ne s’agit pas de cela.
- Alors… quoi ? Je n’espérais rien ! Sinon vous offrir un peu de paix, simplement une nuit calme, sereine. Ou dormir près de vous... si vous l’aviez souhaité… Je ne comprends pas.
- N’essayez pas. C’est ainsi, je n’y peux rien.
- Ne me mentez pas, Julien, vous m’avez désirée.
- Oui… et autant maintenant. Mais cela ne me suffit pas pour aller plus avant.
    Ne lui suffisait pas ? Des mots que Julie recevait aussi brutalement que des coups, aussi cruellement que la pire des insultes.
Pour qui la prenait-il, qu’imaginait-t-il qu’elle attendait de lui ! Elle n’avait aucune aspiration à se lier à qui que ce soit !
Elle n’avait appartenu qu’à un seul homme et nul ne connaissait les blessures qu’elle dissimulait.
Différentes de celle qui le meurtrissait, lui, bien sûr, mais… ces blessures… ils auraient pu les oublier, l’un et l’autre. Et se réconforter mutuellement… Elle, seulement s’endormir entre ses bras, et lui, trouver peut-être un peu de paix contre son corps… Elle n’en espérait pas davantage.
- Julie, si vous saviez combien il m’en coûte de vous laisser !
    Il esquissa un geste vers elle, qu’il interrompit en la voyant se relever d’un bond et reculer à l’autre bout de la pièce.
- Surtout ne me touchez plus ! Articula-t-elle froidement. Sortez d’ici ! Je voudrais... je voudrais ne vous avoir jamais rencontré ! Une idiote ! Rien de moins ! À en mourir de rire ! Allez-vous-en !
- Dans le fond, c’est mieux, pour tous les deux !
- Disparaissez ! Vous entendez ? Dehors !
    Elle était trop en colère pour en écouter davantage. Et lui se trouva soulagé de la voir ainsi ! Sourde à tout ce qu’il eut pu lui dire. Et lui refusant toute attention, elle lui faisait ainsi impossible un éventuel retour en arrière.
    Julien soupira. Elle était déçue sans doute, blessée sûrement, mais il avait éveillé en elle une telle fureur que cette dernière ne pourra que l’aider à oublier qui aurait pu être
Et elle semblait s’être suffisamment reprise pour qu’il se décidât enfin à la laisser.
    Quelques jours, se dit-il… Quelques jours et sa vie reprendra un cours normal ! Elle n’était pas de celles qui faiblissent. Il voulait y croire…
    Julien referma lentement la porte derrière lui.
    Oui… Demain, elle n’y pensera plus, murmura-t-il.
Une certitude qui ne lui amena pourtant aucun réconfort.

 

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