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Ce blog est une invitation à partager mon goût pour l'écriture, à feuilleter les pages de mes romans, à partager mon imaginaire. Des mots pour dire des sentiments, des pages pour rêver un peu.

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Poudre d'or - Chapitre 22

Julien dormait profondément et Julie se rassurait au rythme régulier de sa respiration, à son visage détendu et pour une température normale.
Depuis que les infirmiers l’avaient ramené du bloc opératoire, elle ne s’était pas éloignée une seconde.
Elle avait attendu patiemment qu’ils l’installent et qu’ils referment la porte derrière eux.
Pour que rien ne le blessât, elle avait lissé au mieux les draps autour de lui.
Pour lui faire la position plus douce, elle avait disposé sous sa nuque les oreillers amenés tout exprès pour lui, les plus légers qu’elle avait trouvés.
Et pour préserver son sommeil, elle avait réduit l’éclairage au minimum.
Ce ne fut qu’avec la triste et absolue certitude de ne pouvoir faire davantage qu’elle avait rapproché un fauteuil au plus près du lit, qu’elle s’y était assise et qu’elle avait enfin mêlé ses doigts à ceux d’une main inerte et insensible, reliant leurs vies, unissant leurs forces, et là, elle s’était autorisée quelques larmes... qui devinrent ruisseaux.
Des pleurs de soulagement après des heures d’angoisse renforcée par l’attitude d’un idiot de Professeur, obstiné, en dépit de ses suppliques, à ne livrer aucune information sur Julien, sous le prétexte dérisoire qu’elle ne faisait pas partie de la famille.
Suivant quels critères étaient désignés les individus qui gravitent à l’intérieur de cette cellule sociale ? Qui était-il pour décider que les liens qui l’unissaient à Julien étaient moins forts pour n’être pas reconnus officiellement ? Que savait-il de ce qui brûlait en elle ? Qu’il lui demandât sa vie, elle la donnerait sur-le-champ !
Sans Julien...
Elle ne voulait plus y penser... c’était fini, il était là, avec elle, elle tenait sa chaleur entre les doigts, et il vivait. Elle sentait son pouls battre, et demain... demain leur était accessible.
Combien elle regrettait les dernières heures et toute la colère accumulée contre lui !
Une matinée entière à faire le point, à se remettre dans le bain, puis les premières tentatives pour le joindre, mettre la main sur lui, ou plutôt trouver son oreille et y déverser un trop-plein de rancune.
Sans résultat !
Elle l’avait poursuivi, sans plus de succès, jusque chez Ed Musslër. En revanche, ce dernier, après s’être déclaré très étonné, s’était montré inquiet au point de faire germer en elle un début d’angoisse.
Avec l’aide de Claudine, elle s’était lancée dans un véritable travail de détective, une quête épuisante d’informations pour expliquer une décision, et d’indices pour l’orienter vers une piste.
Nouveau contact avec Ed pour lui confier la mission de faire des recherches du côté d’Aups, et elle avait touché le fond du désespoir en apprenant qu’aucun membre de la famille de Julien ne savait comment le contacter, pas même sa sœur, Hélène. Détail d’autant plus alarmant que, tous deux, étaient très proches.
Et ainsi, jusqu'au trait de génie d’une secrétaire hors du commun : les bandes sur lesquelles s’enregistraient toutes les communications téléphoniques qui passaient par son poste.
Elles y avaient entendu le dernier message de la secrétaire du Professeur Robin, confirmant l’heure d’admission de Julien dans un des services de l’hôpital de la Timone.
Elle n’oubliera jamais le sentiment de panique éprouvé à la voix indifférente de l’infirmière qui lui expliquait que « l’intervention chirurgicale » n’était pas terminée.
Quelle opération ? Quand en avait-il été question ?
Elle s’était heurtée au refus de lui livrer davantage de précision... trop tôt... pas par téléphone... déjà ce détestable « Faites-vous partie de la famille ? », et, en elle, l’envie d’envoyer au Diable une femme inconnue.
Que répondre ? Où se situer ? Qu’était-elle pour lui ?
Comment ne pas penser à Justine, à ses confidences sur leurs sorties, leur entente, à sa tristesse également devant de méchantes rumeurs concernant Julien et d’autres filles.
Et elle ? Pourquoi y avoir adhéré si aisément ? Pour justifier et alimenter sa colère contre lui ? À cause d’un certain soir ? Parce qu’il l’avait repoussée ?
Une si profonde douleur était-elle nécessaire pour prendre la mesure de l’amour qui l’habitait tout entière. Et cet amour, pourra-t-elle se leurrer encore, le refuser, l’étouffer ?
Julien s’agita, un peu. Une grimace, fugitive. Il ne devait pas bouger, rester calme. Elle fit glisser ses doigts en une caresse légère sur le bras découvert... Pour lui montrer qu’il n’était pas seul. Elle s’appliqua à éponger son front, à le rafraîchir.
Comment réduire la chaleur moite de la pièce, et diluer l’odeur tenace de désinfectant ? Elle brûlait de l’emmener chez elle, et le mettre à l’abri, lui adoucir chaque seconde. Et l’aimer... à chaque instant... l’aimer... à n’en plus finir...
Une pression sur sa main... Elle ne l’avait pas rêvée... Et là, encore... Il sentait une présence. Pas forcément la sienne mais quelqu’un, tout simplement, qui lui montrait qu’il n’était pas abandonné de tous.
Elle se contraignit à raisonner son cœur, à museler son angoisse, à refouler son chagrin. Pour que pas un gémissement, pas un sanglot ne troublât sa quiétude, que rien lui fut source d’agitation.
Rien ? Pas même... Il était inconscient, il ne saura jamais...
Elle n’eut qu’à se pencher à peine. Pour frôler ses lèvres, et lui murmurer qu’elle veillait, qu’elle faisait de son mieux pour le préserver. Elle résista au désir de s’allonger près de lui, alors qu’elle ne désirait que le prendre contre elle, le bercer, absorber sa souffrance, la faire sienne… lui donner sa force, sa vigueur, et s’endormir dans sa tendresse et rêver qu’il la consolait enfin entre ses bras.
Elle sursauta. Du bruit ? Qui se dirigeait vers eux. Qu’allait-on lui faire ? Ne pouvaient-ils lui concéder la paix. Une nuit, une seule ?
Dans le silence feutré de cet univers de souffrances, elle les devinait. Une voix de femme… et celle du Professeur Robin.
Qui approchaient, qui se firent chuchotements, habiles à dessiner un canevas de mots, chacun éclairant le précédent.
 « Virus... urgence... repos indispensable... doit absolument apprendre le farniente... du soleil... du grand air et une nourriture équilibrée... »
Julie frissonna, d’un froid qui naquit au plus profond d’elle, paralysa son cœur, la figea, oreilles tendues.
« Combien de temps ?... dans les conditions actuelles... pas de prévision possible... je suis navré, Corinne... phase critique... »
Elle ne voulait plus entendre. Ils se trompaient, ils ne comprenaient rien. Ne savaient-ils pas se taire, et les oublier, un temps... Le temps ? Combien en restait-il encore, pour lui, pour elle... pour eux ?
«... évolution dans un sens ou dans l’autre... si son état demeure stationnaire, au mieux... trois, quatre ans... sinon... un an... ou guère plus...»
Elle retint le cri qui monta en elle. Elle n’était plus que révolte, haine, désespoir. Pourquoi ne pouvait-elle lui enlever cela, ramener le mal en elle, souffrir à sa place... mourir à sa place... sans lui... Et Julien... Que savait-il ? Connaissait-il la gravité de son état ?
«... peut-être un léger mieux... mais pas significatif... déraisonnable... trop de fatigue... entêté... il ne nous aide pas... trop d’imprudences... »
Dehors... Elle les repoussa, les chassa de son esprit, se fermant aux sons qui lui parvenaient, les effaça de leur réalité, priant désespérément que cette chambre se métamorphosât en une bulle transparente, invisible pour tous, un havre de sécurité dans lequel tous deux demeureraient à l’abri… en suspension dans l’éternité... Elle se tassa davantage contre Julien. Allaient-ils parler toute la nuit ?
« Non, Corinne... en cas de guérison... aucune séquelle... »
Aucune séquelle… aucune ? Une vague chaude la parcourut. Une espérance folle. Julien pouvait guérir ? Il le pouvait encore ?
Rien n’était vraiment perdu alors ! Et en Julie, toute vie revint. À laquelle elle allait s’accrocher, et l’obliger lui, à s’y maintenir, avec elle, pour elle !
« Son » Julien ? Il saura leur montrer ! À ceux-là, à deux pas, et au ciel, et à quiconque ! Se laisser abattre par un minuscule, un misérable microbe insolent ? Pas lui ! Elle ne le lui permettra pas.
Ils étaient trop près, ils allaient le réveiller... d’ailleurs, il s’agitait ! Il rêvait... d’elle ? Etait-ce bien son prénom qu’il venait de murmurer ? Une... Une peste ? Même las, épuisé, l’esprit embrumé il osait la qualifier de... et une sirène têtue... et insensible ? C’était donc ainsi qu’il la voyait ! Et encore… encore quoi ? Oh… sa... sa douce... son âme... Qui ? Elle ? Vraiment elle ?
Si elle pouvait y croire tout à fait, s’il pouvait seulement l’aimer un tout petit peu.
Deux mois de querelles... Voilà tout ce qu’ils avaient fait de ces heures, de ce temps précieux.
Vibrante d’un espoir naissant, elle lui murmura quelques mots apaisants à l’oreille, et déposa sur ses lèvres un baiser aussi léger que possible, et elle ne put contenir un sanglot d’en recevoir une ébauche de réponse, à peine un frémissement.
La porte ? Qui se permettait de l’ouvrir ? Qu’on les laissât à leur isolement ! Elle était de taille à tenir tête, sans aide aucune, à ce qui le menaçait... elle savait qu’elle pouvait le protéger de tout, qu’aussi longtemps elle restera près de lui, nul mal ne pourra lui advenir.
Non, pas encore... pas déjà... Pourquoi le lui prenaient-il déjà !
Et voilà que pénétrait dans la chambre silencieuse le Robin des Hôpitaux ! Tout de vert vêtu, à l’instar de son homonyme, mais, à défaut de flèche, celui-ci maniait le bistouri. Julie lui fit face, droite et déterminée. Si ce monstre incisait encore « son » Julien sans la prévenir à l’avance, il n’aura pas assez de toute une vie pour le regretter !
- Vous êtes encore là ?
Elle serra les dents et redressa le front, le toisant sans la moindre aménité. Que croyait-il ? Qu’elle allait l’abandonner, sans défense, entre ses mains ?
Qui était cette femme qui l’accompagnait ? Elle n’avait rien d’une infirmière...
- Je suis désolé, reprit le professeur Robin avec douceur, mais nous n’acceptons qu’une seule personne à la fois auprès de nos malades, et, madame Gauthier, la maman de Julien, vient d’arriver. Je pense que...
Sa mère, c’était donc sa mère qui le lui enlevait ! Qui avait tous les droits sur cet homme endormi alors que… elle !
Elle ? Si Julien la savait là, il la chasserait sûrement.
Elle s’efforça de dissimuler le désespoir qui enflait en elle sous une grimace de sourire triste. Où trouver la force de désunir leurs doigts ? Et celle de le quitter ? Comment leur dire qu’en agissant ainsi, elle avait la certitude de le trahir ?
Julie voudrait se tapir dans un coin, n’être plus qu’ombre impalpable, devenir invisible aux yeux de cette femme, à son regard scrutateur et intrigué qui ne la lâchait pas, et ainsi demeurer au côté de Julien.
- Attends Robin, intervint madame Gauthier, accorde-nous quelques minutes, le temps que cette jeune personne et moi fassions connaissance.
- C’est comme tu veux, Corinne... mais pas longtemps. Et dans ce cas, il serait préférable que vous vous entreteniez à l’extérieur.
- Tu as raison,
Julie ouvrit la bouche, indignée par une telle suggestion. Comment proposaient-ils de laisser Julien seul ! Personne pour le soutenir ? Pour lui tenir la main ? Et s’il appelait, s’il souffrait trop, qui l’entendrait, qui le verrait ? Non... Ils ne pouvaient lui demander cela. Julie recula, affichant une expression d’animal blessé, traqué, résista aussi à la main qui se posa sur son bras, même si amicale, même si se voulant rassurante.
- Il ne risque rien, lui affirmait gentiment la maman de Julien. Venez... voyez, nous sommes à deux pas.
Résignée, Julie avançait lentement.
- Je suis heureuse de voir que mon fils vous a près de lui. Je ne sais comment vous en remercier… Mademoiselle... ?
- Julie… Julie Gaillette… je suis une amie de votre fils. Enfin… plutôt… j’étais… nous avons travaillé ensemble.
- Julie ! Ah ! Enfin, je vous rencontre ! Ed m’a tellement parlé de vous. Et c’est grâce à vous si nous avons été prévenus.
    Julie jeta un regard noir vers l’objet de ses inquiétudes. Entêté ! Se condamner à la solitude, même dans des circonstances pareilles ! Avait-il donc tant besoin de dissimuler ses faiblesses à tous, même à ses proches ? Et elle ? Elle frissonna. Dès qu’il saura qu’elle était à l’origine de la présence de sa mère dans sa chambre...
- Oh, non ! Lorsque Julien découvrira mon rôle dans tout ceci, il me détestera tout à fait.
- Il n’y a aucune raison à cela.
- Je crains qu’il ne partage pas votre avis à mon sujet.
- D’après Ed, vous formez une bonne... équipe.
- Vraiment ? Oui… mais… plus depuis quelque temps, à cause de chamailleries ridicules, de divergences d’idées. Il est très en colère après moi ! Mais quand j’ai su... que... que... Oh ! C’est trop dur...
- Julie, c’est terminé, il va très bien...
- J’ai eu si mal de le voir ainsi... Ils l’ont soulevé, ils l’ont couché là... sans réaction aucune, et il était pâle... pâle comme... Et il n’a rien dit ! C’est de ma faute... j’aurais dû l’appeler, je lui avais promis de le faire, et... j’ai eu si peur !
- Pour mon fils ? Allons ! Il ne faut pas ! Dans quelques jours, il sera sur pieds. Ce n’était qu’un petit travail de finition sur son épaule... dont il n’a parlé à personne pour s’y être décidé très vite et pour trouver la chose sans importance... ce qui ne m’étonne pas de lui !
    Julie sourit malgré elle. Mais assez de phrases inutiles, qu’importaient leur état d’âme, leur peine, leur souffrance ? Sinon ce cri de révolte qui nouait sa gorge, contre la cruauté aveugle d’un sort indifférent. Julien... Seulement supposer le perdre et mourir un peu. En faire une réalité inéluctable, et mourir tout à fait. Non. Pas question, pas eux.
Il s’agitait encore ! Julien... C’était de lui dont il fallait se soucier, uniquement de lui. Elle refoula ses sanglots.
- C’est vrai ? Alors... tant mieux. Je…Je m’en vais… Et… il doit se reposer, au calme. Je vous retiens ici alors que votre place est à son côté.
- Si c’est tellement important pour vous, je vous la cède bien volontiers.
    Julie ouvrit la bouche, sur le point d’accepter, se ravisa aussitôt, le cœur douloureux. Affichait-elle une mine désemparée au point de justifier la main qui se posait gentiment sur son bras, pour expliquer le sourire entendu et le regard complice que cette femme lui adressait ?
Était-elle devenue transparente ? Portait-elle son amour inscrit sur le bout du nez ?
- Vous y avez davantage droit que moi, finit-elle par articuler péniblement. Et... c’est mieux ainsi. À son réveil... dites-lui que... je compte le voir, au bureau, dès que possible, que je suis furieuse après lui et qu’il me... qu’il nous manque à tous. Lui et... son mauvais caractère.
- Rien que ça ! Eh bien, voilà de quoi l’inciter à se rétablir au plus vite, je n’y manquerai pas. Julie, ma chère, chère Julie, je suis vraiment ravie de vous enfin rencontrée. Je crois que nous allons fort bien nous entendre.
- Nous ? Oh.... Oui, sans doute. Bonne nuit, Madame Gauthier, et… prenez bien soin de lui !
    Elle n’avait plus que le désir de s’éloigner, de courir... et fuir des yeux trop perspicaces, et trouver enfin un lieu où se dissimuler... une porte… là !
Une halte dans les toilettes.
Où elle se terra, recroquevillée sur sa douleur, libérant enfin ses larmes, déversant avec elles tout son désespoir. Longtemps, une fois pour toutes, pour libérer son âme.
Lorsque Julie se rasséréna enfin, son regard ne trahissait aucune détresse. Elle se redressa, ordonnant déjà ses forces en prévision d’une guerre féroce contre une maladie qu’elle voulait apprendre à bien connaître pour mieux la briser.
Elle se préparait, geste après geste, à une lutte sans merci. Contre elle-même, pour dominer ses faiblesses, contre Julien et son obstination à refuser ce que la vie pouvait encore leur donner.
Il était temps de se reprendre, de rafraîchir ses yeux brûlants de trop de pleurs amers... et elle sursauta devant l’image que lui renvoyait un miroir sans indulgence.
Transparente ? Non. Surtout lisible.
Les larmes n’avaient jamais arrangé un maquillage, aussi savant, autant parfait qu’il fut. Son amour ? Il était là, tout entier transcrit dans les rigoles de Rimmel dissout qui lézardaient ses joues.
Et pendant ce temps, confortablement installée, Corinne Gauthier résistait sans trop de difficulté au désir de secouer son cachottier de fils. Finalement le réveiller n’aurait d’autre conséquence que lui restituer toute sa lucidité et mettre un terme aux confidences qu’il livrait, bien malgré lui, sous les effets farceurs d’un reste d’anesthésie...
Pourquoi Julie s’était-elle enfuie si vite ! Elle ratait le meilleur...
Apparemment il y avait assez d’« amitié » en elle pour s’inquiéter à ce point pour Julien... et tout autant en lui pour l’appeler et la chercher jusque dans son sommeil...
Et quelques querelles également ?
Voilà qui devenait intéressant... amis et ennemis... le meilleur et le pire…
Restait le plus exaltant.
Tiens donc ! Ces deux-là, à conjuguer le tout au même temps, ne devraient pas s’ennuyer !
Quant à Julien... Dès son réveil, elle saura bien lui soutirer les précisions nécessaires à satisfaire une curiosité somme toute naturelle chez une mère attentive au bonheur de son enfant !
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